What to Feed Your Mare Before, During and After Pregnancy 

Que donner à ta jument avant, pendant et après la gestation

À retenir

  • Évalue d’abord l’état corporel et vise un BCS de 5 à 6 ; trop maigre ou trop grasse, dans les deux cas, cela nuit à la fertilité
  • Le début de la gestation change à peine ses besoins ; la vraie hausse arrive au dernier trimestre, quand jusqu’à 75 % de la croissance du fœtus a lieu
  • En fin de gestation, elle a davantage besoin de protéines, de calcium et de minéraux que d’énergie, ainsi que de repas plus petits mais riches en nutriments, car la place dans l’estomac diminue
  • La lactation est l’étape la plus exigeante de toutes, donc l’état que tu développes avant le poulinage est celui qu’elle utilise pour produire du lait
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    Faire reproduire une jument, ce n’est presque jamais seulement une question de timing, de qualité de semence ou d’aspect à l’échographie. L’un des points les plus souvent négligés, et l’un des plus faciles à corriger, c’est de savoir si son alimentation et son état corporel correspondent vraiment à ce que son corps vit à chaque étape. Si tu te trompes là-dessus, même la meilleure gestion de la reproduction du monde aura du mal à compenser. Si tu le fais bien, tu élimines toute une catégorie de problèmes avant même qu’ils n’apparaissent.

    Les besoins nutritionnels d’une jument ne changent pas du jour au lendemain. Ils suivent un schéma biologique lent et assez prévisible, et une fois que tu vois ce schéma, nourrir ta jument ne ressemble plus à un jeu de hasard. Il y a quatre périodes qui comptent : la phase de fertilité avant qu’elle ne soit pleine, la longue période calme du début et du milieu de gestation, le dernier trimestre où le poulain fait l’essentiel de sa croissance, et la lactation, qui est la phase la plus exigeante de tout le cycle.

    Voilà la vérité. Tu n’as pas besoin d’un programme alimentaire exotique. Tu as besoin d’une routine régulière qui couvre bien les bases : équilibre énergétique, assez de bon fourrage et de fibres, des protéines de qualité, et les bons minéraux et vitamines, surtout en fin de gestation. Voici comment je l’aborde en tant que vétérinaire, étape par étape.

    Commence par évaluer l’état corporel

    Avant de modifier un seul aliment ou de penser à un complément, évalue son état corporel. Les juments en bon état ont tendance à concevoir en moins de cycles et à mieux maintenir leur gestation que les juments trop maigres [1]. Vise un BCS de 5 à 6 sur l’échelle de 1 à 9.

    Trop maigre (en dessous de 5) signifie généralement moins de cycles ou des cycles irréguliers, et très peu de réserve pour le début de gestation et le début de lactation. Être trop grasse n’est pas l’option sûre que beaucoup imaginent. Chez des poneys juments en étude expérimentale, le suralimenter a été associé à un risque plus élevé de mortalité embryonnaire précoce [2]. Donc plus grasse ne veut pas automatiquement dire plus fertile.

    Le problème discret

    Si ta jument se situe en dehors d’un BCS de 5 à 6, de petits changements hormonaux et métaboliques peuvent compromettre la fertilité bien avant que la gestion de la reproduction ne semble être en cause. Corrige d’abord son état.

    Construis la ration à partir du fourrage

    Pour chaque jument, le fourrage est la base. Ses besoins nutritionnels évoluent au fil de la reproduction, mais sa physiologie digestive, elle, ne change pas. Un apport régulier en fourrage permet au gros intestin de bien fonctionner et réduit le risque de coliques. Un point de départ pratique est de 1,5 à 2,0 % du poids corporel par jour sous forme de fourrage sur une base de matière sèche, puis d’ajuster selon l’état corporel, la qualité du foin et le stade physiologique [3].

    Exemple de calcul

    500 kg × 1.5% = 7.5 kg DM/jour. Si le foin est à ~83% de DM : 7.5 ÷ 0.83 = ~9.0 kg de foin/jour

    Avant la gestation : poser les bases

    La fertilité ne consiste pas seulement à viser la bonne ovulation. Les ovocytes mûrissent lentement. Les hormones doivent être équilibrées. Les défenses antioxydantes des tissus reproducteurs doivent être en place bien avant la conception, pas improvisées pendant la semaine de la saillie. C’est pourquoi je préfère généralement commencer le soutien nutritionnel tôt, idéalement trois bons mois avant de prévoir qu’elle soit pleine.

    Cela reflète le suivi prénatal humain, où le folate est recommandé avant la grossesse plutôt qu’après, précisément parce qu’il soutient les tout premiers stades du développement [4]. Fresh & Fertile suit la même logique : un complément prénatal avec folate actif, acide folique, choline et soutien antioxydant pour protéger les tissus reproducteurs et favoriser la maturation de l’ovocyte ainsi que les premières divisions de l’embryon. Commence-le trois mois avant la mise à la reproduction et poursuis-le en début de gestation.

    La qualité des protéines compte aussi à ce stade. Si ton foin est pauvre en protéines, c’est le bon moment pour y penser sérieusement. Couvre les vitamines et minéraux avec ESTE Balancer à raison de 250 g par jour comme base indispensable pour chaque jument.

    La base fertilité (jument de 500 kg)

    Fourrage et herbe de haute qualité comme base. ESTE Balancer 250 g par jour pour les vitamines et minéraux. Fresh & Fertile 15 g par jour comme complément prénatal. Prévois d’abord un examen pré-reproduction pour savoir que tu travailles avec un appareil reproducteur sain.

    Pendant la gestation : moins de changements que tu ne le crois

    Une fois qu’elle est pleine, le mythe le plus courant est qu’elle a maintenant besoin de beaucoup plus de nourriture pendant toute la gestation. Ce n’est pas le cas. Ses besoins restent assez stables au début et n’augmentent vraiment qu’à l’approche de la fin.

    Mois 1 à 3 : garde la base prénatale

    Le besoin énergétique n’est que légèrement supérieur à celui d’une jument non gestante. La croissance fœtale est minimale. Garde la même base qu’avant la mise à la reproduction : fourrage, ESTE Balancer et Fresh & Fertile. Ces premières semaines restent une fenêtre critique pour le développement embryonnaire, donc ce n’est pas le moment de changer ce qui fonctionne.

    Mois 4 à 8 : remplace Fresh & Fertile par Guts & Glory

    L’embryon est bien implanté, donc l’objectif passe de la préparation reproductive à la santé digestive et à une croissance régulière. Retire Fresh & Fertile et introduis Guts & Glory. Il soutient le microbiome du gros intestin de la jument, favorise la digestion et l’absorption des nutriments à mesure que la croissance fœtale s’accélère, et le soutien immunitaire qu’il apporte bénéficie aussi au poulain via le placenta. Garde le fourrage et ESTE Balancer stables tout au long de cette période.

    Mois 8 à 11 : le dernier trimestre

    C’est là que cela compte le plus. Jusqu’à 75 % de la croissance fœtale se produit pendant ces derniers mois, et le poulain forme une grande partie de son poids de naissance. Les besoins énergétiques augmentent bien, d’environ 25 à 30 %, mais l’enjeu principal concerne les protéines, le calcium, le phosphore et les micronutriments, qui atteignent tous leur pic à ce moment-là [6]. Beaucoup se focalisent sur l’énergie et sous-estiment les nutriments qui construisent réellement le poulain.

    Il y a une contrainte physique. À mesure que le poulain prend de la place, la capacité de l’estomac diminue. Elle ne peut tout simplement pas manger de gros volumes de fourrage en fin de gestation. Tu veux donc des repas plus petits, mais plus denses sur le plan nutritionnel à chaque bouchée. C’est exactement là que Grow & Glow prend tout son sens : faible volume d’alimentation, forte densité calorique grâce à des graisses riches en oméga plutôt qu’au sucre, pour maintenir l’état corporel sans surcharger l’intestin.

    Un plan pratique pour le dernier trimestre (jument de 500 kg)

    Protéines supplémentaires : luzerne 1 à 2 kg par jour. Matières grasses supplémentaires : Grow & Glow 100 ml par jour (50 ml deux fois par jour). Vitamines et minéraux supplémentaires : augmente ESTE Balancer de 20 % (environ 300 g). Introduis chaque changement progressivement.

    Après le poulinage : l’étape la plus difficile

    À ce moment-là, elle fait deux choses à la fois : récupérer de la mise bas et produire du lait. C’est la phase nutritionnellement la plus exigeante de tout le cycle, et c’est celle que l’on sous-estime le plus souvent.

    Les juments en lactation ont généralement besoin de 2 à 3 % de leur poids corporel par jour en alimentation totale. Pour une jument de 500 kg, cette demande supplémentaire représente environ 11,500 à 14,500 kcal par jour. Pour te donner une idée, cela correspond à peu près à l’énergie de 35 à 45 minutes de galop soutenu, chaque jour, en plus de l’entretien.

    Une certaine perte de poids en début de lactation est normale, même chez les juments qui ont bien commencé. Mais une jument qui débute la lactation avec un BCS inférieur à 5 a beaucoup plus de risque de rencontrer des difficultés, et cela retarde la remise à la reproduction tout en faisant baisser les taux de conception [6]. L’état corporel que tu construis avant le poulinage est celui sur lequel elle devra s’appuyer après.

    Un plan de lactation (jument de 500 kg)

    Garde le fourrage et ESTE Balancer comme base. Protéines supplémentaires : luzerne 2 à 4 kg par jour. Matières grasses supplémentaires : Grow & Glow jusqu’à 200 ml par jour pour répondre à la demande énergétique et augmenter la teneur en matières grasses du lait. Soutien du microbiome intestinal : Guts & Glory tout au long de la période. Vers le quatrième mois de lactation, lorsque la production de lait commence à diminuer, réduis progressivement l’énergie supplémentaire.

    "L’état corporel avec lequel ta jument arrive au poulinage est celui qu’elle a pour produire du lait. Tu ne peux pas corriger ça en nourrissant davantage après la naissance du poulain. La préparation doit se faire avant."Équipe vétérinaire Curafyt

    La version courte

    Nourrir une poulinière n’a pas besoin d’être compliqué. Cela doit être planifié selon chaque étape. Trois mois avant la mise à la reproduction : fourrage comme base, ESTE Balancer 250 g par jour, Fresh & Fertile 15 g par jour. Continue ainsi pendant les mois 1 à 3 de gestation. Au mois 4, remplace Fresh & Fertile par Guts & Glory et garde ce cap jusqu’au dernier trimestre. À partir du mois 8, ajoute de la luzerne pour les protéines, augmente ESTE Balancer de 20 %, et introduis Grow & Glow à 100 ml par jour. Puis pendant la lactation, augmente l’ensemble pour couvrir le pic de besoins : luzerne 2 à 4 kg, Grow & Glow 200 ml, Guts & Glory pour le soutien digestif, puis réduis progressivement à mesure que la production de lait baisse autour du quatrième mois. C’est tout le travail à faire.

    Construis un plan d’alimentation adapté à son étape

    Une nutrition axée sur le fourrage, formulée par des vétérinaires, pour chaque phase de la fertilité au sevrage.

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    Références scientifiques

    [1] Henneke DR, Potter GD, Kreider JL, Yeates BF. Relationship between condition score, physical measurements and body fat percentage in mares. Equine Veterinary Journal, 1983;15(4):371-372.

    [2] Sessions-Bresnahan DR, Carnevale EM. The effect of obesity on the preovulatory follicle and embryo in the mare. Reproduction, Fertility and Development, 2014;26(1):177.

    [3] Harris PA, Ellis AD, Fradinho MJ, et al. Feeding conserved forage to horses: recent advances and recommendations. Animal, 2017;11(6):958-967.

    [4] Greenberg JA, Bell SJ, Guan Y, Yu YH. Folic acid supplementation and pregnancy: more than just neural tube defect prevention. Reviews in Obstetrics and Gynecology, 2011;4(2):52-59.

    [5] National Research Council. Nutrient Requirements of Horses, 6th revised edition. Washington DC: The National Academies Press, 2007.

    [6] Lawrence LM. Nutrient needs of the broodmare. In: Geor RJ, Harris PA, Coenen M, eds. Equine Applied and Clinical Nutrition. Saunders Elsevier, 2013:333-350.

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