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Comment prévenir la fourbure chez les chevaux : alimentation, pâturage et mise à l'herbe
Comment prévenir la fourbure chez les chevaux : alimentation, pâturage et mise à l'herbe
À retenir
- Quels changements d’alimentation réduisent le risque de fourbure, y compris pourquoi le type de foin et le trempage sont importants
- Comment évaluer les conditions du pâturage et ajuster le temps de pâturage selon la saison et la météo
- Pourquoi l’herbe courte n’est pas une herbe sûre, et de quoi dépendent réellement les niveaux de fructanes
- Quelles précautions supplémentaires sont nécessaires pour les chevaux qui ont déjà eu un épisode de fourbure
La fourbure fait partie de ces affections pour lesquelles la prévention est réellement plus efficace que le traitement. Une fois les lamelles endommagées, la récupération est lente, douloureuse, et n’est jamais totalement garantie. La plupart des chevaux qui font une fourbure une fois restent ensuite plus à risque pour toujours. Voilà le point de départ, en toute honnêteté.
Série sur la fourbure
Lis les autres articles : Symptômes et premiers signes · Traitement et soutien · Prévention
Alimentation adaptée : le levier le plus important
La majorité des cas de fourbure chez les chevaux hors du monde de la compétition sont liés à l’alimentation. Les régimes riches en sucres et en amidon provoquent des pics d’insuline, et une insuline élevée endommage directement l’apport sanguin à l’intérieur du sabot. La première chose à changer, c’est donc ce qu’il y a dans la ration.
En pratique, cela signifie supprimer les céréales et les aliments concentrés riches en glucides non structurels. Beaucoup de fourrage, idéalement du foin, constitue la base de l’alimentation. Pour les chevaux déjà à risque ou ayant des antécédents de fourbure, faire tremper le foin pendant 30 à 60 minutes réduit considérablement la teneur en sucres solubles dans l’eau. Cela ne supprime pas tout, mais en pratique clinique, cela fait une vraie différence chez les chevaux sensibles.
L’herbe est l’autre variable que la plupart des propriétaires sous-estiment. Limiter le temps au pâturage est important, mais le type d’herbe compte tout autant. Les variétés de ray-grass ont été sélectionnées pour la production laitière bovine : rendement maximal et forte densité énergétique. Elles ne conviennent pas aux chevaux sujets à la fourbure. Un mélange de graminées spécifique pour chevaux, avec des niveaux de fructanes plus faibles, vaut largement le surcoût au moment du semis.
L’inconvénient d’un régime restreint à base de foin, c’est qu’il peut laisser les chevaux en manque de vitamines et de minéraux essentiels. Un balancer pauvre en sucres est la façon la plus simple de combler ces carences : il apporte ce qui manque à un régime restreint, sans ajouter les sucres et amidons que tu essaies justement d’éviter.
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Un balancer pauvre en sucres, développé par une vétérinaire, qui complète les régimes à base de fourrage. Il apporte les vitamines et minéraux dont les chevaux nourris au foin ou avec des rations restreintes ont besoin, sans sucres ajoutés, pour un bon équilibre nutritionnel sans pic d’insuline.
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L’exercice compte, et on l’oublie souvent
Les chevaux en surpoids présentent un risque nettement plus élevé. L’exercice aide sur deux plans : il favorise la gestion du poids et il stimule activement la circulation sanguine dans le sabot. Un mouvement régulier et constant a un effet protecteur qu’aucun changement d’alimentation ne peut totalement reproduire à lui seul.
Quand un cheval a déjà eu un épisode de fourbure, la tentation est de le laisser au repos au boxe indéfiniment. C’est nécessaire pendant la phase aiguë. Mais à long terme, limiter les mouvements d’un cheval en surpoids crée aussi ses propres risques. Une fois que le cheval est stabilisé, un retour progressif à l’exercice est généralement la bonne direction à prendre.
Gestion du pâturage : une herbe courte n’est pas une herbe sûre
Cela surprend souvent. Une herbe courte et stressée peut en réalité contenir plus de fructanes par gramme qu’une herbe dense et bien nourrie. La plante accumule des sucres qu’elle n’a pas eu assez de surface foliaire pour utiliser. Faire pâturer un pré ras dans certaines conditions présente donc un vrai risque.
Le temps de pâturage doit être ajusté au poids du cheval. Un panier de pâturage est un outil pratique quand une restriction totale n’est pas faisable. Cela ne doit pas être vécu comme une punition. C’est simplement une manière de gérer l’ingestion quand l’alternative est un épisode de fourbure.
Bon à savoir
Un pâturage bien nourri, correctement brouté et composé d’un mélange de graminées adapté présente généralement un risque plus faible en fructanes qu’une herbe courte, stressée ou surpâturée. La longueur de l’herbe n’est pas un indicateur fiable de sécurité.
Quand faire pâturer : guide saison par saison
L’accumulation de fructanes dans l’herbe dépend de l’intensité lumineuse et de la température. Les nuits froides suivies de matinées ensoleillées représentent le scénario le plus à risque.
Été
Les journées nuageuses et chaudes au-dessus de 15C présentent le risque le plus faible. Les après-midis et les soirées sont généralement les moments les plus sûrs pour sortir au pré. Lors des journées chaudes et ensoleillées, le pâturage la nuit et tôt le matin est préférable : les sucres ont été consommés pendant les heures plus chaudes de la nuit.
Printemps et automne
Nuageux et chaud : risque faible. Nuageux et froid (en dessous de 15C) : risque modéré. Ensoleillé et froid, surtout après du gel nocturne : risque maximal, particulièrement le matin. C’est à ce moment-là que les chevaux ayant le moindre antécédent de fourbure doivent être totalement tenus à l’écart du pâturage jusqu’à ce que les températures remontent en milieu de matinée.
Hiver
Nuageux et froid en dessous de 5C : risque modéré. Conditions froides et givrées avec du soleil, surtout après du gel nocturne : risque élevé le matin. La sortie au pré en hiver lors de matinées lumineuses et givrées est une vraie période de danger que beaucoup de propriétaires ne prennent pas en compte.
Les chevaux ayant des antécédents de fourbure ont besoin d’une base de gestion différente
Un cheval qui a fait une fourbure une fois n’est plus le même qu’avant. Les lamelles sont plus vulnérables, la régulation de l’insuline est souvent perturbée, et le seuil pour un nouvel épisode est plus bas. Cette distinction compte bien plus que ne le pensent la plupart des propriétaires lorsqu’ils voient un cheval qui « semble aller bien » après sa récupération.
C’est particulièrement vrai pour le métabolisme de l’insuline. Même un épisode léger — dans lequel le cheval n’a jamais complètement basculé — peut modifier durablement la sensibilité à l’insuline, rendant le cheval plus vulnérable à vie. Ces animaux ne reviennent pas à leur état de base d’avant la fourbure. Ils doivent être gérés comme des chevaux chroniquement sensibles, pas comme des chevaux rétablis.
Pour ces chevaux, tout ce qui précède s’applique de façon plus stricte. Restriction de l’herbe toute l’année plutôt que seulement selon la saison. Approche plus prudente des aliments concentrés. Surveillance régulière du poids. Soins des sabots toutes les six à huit semaines, sans exception.
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