Guide pratique vétérinaire sur la fertilité, la gestation et la lactation
Faire reproduire une jument n’est jamais « simplement » une question de timing, de qualité de la semence ou de contrôles échographiques. L’un des aspects les plus souvent négligés (et pourtant les plus faciles à corriger) est l’adéquation entre l’alimentation, l’état corporel de la jument et ce dont son corps a réellement besoin à chaque étape. Les recherches établissent de manière constante un lien entre l’état corporel, l’équilibre des nutriments clés, l’efficacité reproductive et le bon déroulement de la gestation (Henneke et al., 1984 ; Morley & Murray, 2014).
Les besoins nutritionnels d’une jument ne changent pas du jour au lendemain, mais ils suivent un schéma biologique clair.
On distingue trois grandes périodes :
-
Avant la gestation (phase de fertilité)
-
Pendant la gestation
a. Mois 1–4
b. Mois 5–8
c. Mois 9–11 (dernier trimestre) -
Lactation
Chaque phase impose des exigences différentes en énergie, en protéines et en micronutriments.

La bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin d’un programme alimentaire exotique pour soutenir la fertilité de votre jument.
Vous avez besoin d’une routine cohérente qui maîtrise les bases :
- Équilibre énergétique (ni trop peu, ni trop)
- Qualité du fourrage + apport suffisant en fibres
- Protéines de bonne qualité + acides aminés essentiels
- Minéraux + vitamines (en particulier en fin de gestation et en lactation)
- Soutien antioxydant via une alimentation équilibrée (et des compléments ciblés lorsque nécessaire)
Vous trouverez ci-dessous un guide alimentaire pratique et fondé sur la science, utilisable au quotidien, que vous cherchiez à mettre votre jument à la reproduction, à maintenir une gestation saine ou à soutenir la production laitière tout en la gardant en bonne condition pour une nouvelle reproduction (Robles et al., 2021 ; NRC, 2007).
Score d’état corporel : la pierre angulaire de la fertilité
Avant de modifier l’alimentation ou d’ajouter des compléments : évaluez le score d’état corporel (BCS) de votre jument.
Les études montrent que les juments en meilleur état corporel conçoivent généralement en moins de cycles et présentent une meilleure efficacité reproductive que les juments trop maigres (Henneke et al., 1984 ; Morley & Murray, 2014).

Objectif : BCS 5–6 (sur une échelle de 1 à 9)
Trop maigre (BCS < 5) :
- cycles moins fréquents ou irréguliers
- moins de « réserve » pour le début de gestation et la lactation précoce (Henneke et al., 1984 ; Morley & Murray, 2014)
Trop grasse (BCS > 6) :
- risque accru de surcharge métabolique
- et chez des juments poneys en conditions expérimentales, la suralimentation a été associée à un risque plus élevé de mortalité embryonnaire précoce (D’Fonseca et al., 2021)
À retenir en pratique :
Si votre jument se situe en dehors de la zone BCS 5–6, de petits déséquilibres hormonaux et métaboliques peuvent compromettre silencieusement la fertilité bien avant que la gestion de la reproduction ne devienne le problème principal (Morley & Murray, 2014; Vetcchi et al., 2010).
Construire la ration de votre jument à partir du fourrage
Pour chaque jument (et chaque cheval), le fourrage est la base. Les besoins nutritionnels évoluent au cours de la reproduction, mais la physiologie digestive reste la même : un apport régulier en fourrage soutient la fonction du gros intestin et réduit le risque de coliques (Hallebeek, 2024).

Quelle quantité de fourrage ?
Un point de départ pratique est de 1,5 à 2,0 % du poids corporel par jour sous forme de fourrage (sur base de matière sèche), puis d’ajuster selon l’état corporel, la qualité du fourrage et le stade physiologique (Hallebeek, 2024).
Exemple pour un cheval de 500 kg :
- Objectif de matière sèche : 500 kg × 1,5 % = 7,5 kg MS/jour
- Si le foin contient ~83 % de MS : (7,5 kg ÷ 0,83) = ~9,0 kg de foin/jour
Nourrir la jument avant la gestation : poser les bases (phase de fertilité)
La fertilité ne dépend pas uniquement du moment de l’ovulation. Le corps de la jument doit disposer d’une base adéquate pour soutenir :
- des cycles normaux et un équilibre hormonal
- le développement des ovocytes
- le développement embryonnaire précoce
Ce qui compte le plus ici
La fertilité repose sur des processus biologiques lents et finement régulés. Les ovocytes mûrissent sur la durée, les hormones doivent être équilibrées et les défenses antioxydantes doivent être mises en place bien avant la conception.
C’est pourquoi un soutien nutritionnel ciblé doit commencer tôt.
C’est aussi la raison pour laquelle, en tant que vétérinaire, je recommande souvent de commencer un complément prénatal, comme Fresh & Fertile, conçu pour soutenir la fertilité, au moins trois mois avant la reproduction prévue.

Fresh & Fertile contient des ingrédients tels que l’acide folique, qui :
- soutiennent l’équilibre hormonal du cycle
- offrent une protection antioxydante aux tissus reproducteurs
- soutiennent la santé utérine
- favorisent la maturation des ovocytes et la division embryonnaire
- renforcent des voies comme la méthylation, impliquées dans le développement embryonnaire précoce
Cette approche reflète les soins prénataux humains, où des nutriments tels que les folates actifs sont également recommandés avant la grossesse, car ils soutiennent les toutes premières étapes du développement (Geerinckx, 2024).
Nourrir la jument pendant la gestation : soutenir deux vies
Une fois la jument gestante, ses besoins nutritionnels évoluent, mais pas immédiatement ! Un mythe courant est qu’elle a besoin de beaucoup plus d’aliments pendant toute la gestation. En réalité, ses besoins restent relativement stables au début et n’augmentent nettement que durant les derniers mois.

Mois 1–4 : niveau d’entretien
Pendant les quatre premiers mois de gestation, les besoins énergétiques de la jument ne sont que légèrement supérieurs à ceux d’une jument non gestante.
La croissance fœtale est limitée à ce stade, et la plupart des juments peuvent rester sur une ration d’entretien composée de :
- fourrage de bonne qualité
-
- ajouter Fresh & Fertile pour soutenir l’implantation et le développement précoce
Ajouter davantage uniquement si nécessaire :
Si le BCS commence à diminuer, augmentez d’abord la densité nutritionnelle (meilleur fourrage, concentrés équilibrés ou ration balancer), plutôt que de simplement donner « plus de céréales » (Cronje & Lategan, 2007).
Mois 5–7 : changements progressifs
Les besoins nutritionnels commencent à augmenter progressivement. L’augmentation reste modérée, mais biologiquement significative.
Ce qui change durant cette période :
- poursuite du développement placentaire
- début de la croissance fœtale
- légère augmentation des besoins en protéines
- importance croissante des minéraux et oligo-éléments
Les besoins énergétiques augmentent donc légèrement, mais dans la plupart des cas, il suffit de :
- améliorer la qualité de la ration
- sans augmenter fortement le volume total d’aliments
Ajoutez Guts & Glory pour renforcer la digestion, l’immunité et l’absorption des nutriments pendant la phase de croissance rapide. Non seulement pour soutenir l’immunité de la jument, mais aussi pour contribuer au développement de l’immunité du poulain via le placenta.

Mois 8–9 à 11 : dernier trimestre
Les derniers mois de gestation sont ceux où la nutrition de votre jument est la plus cruciale. C’est à ce moment que le poulain grandit le plus rapidement et acquiert une grande partie de son poids de naissance. Pour soutenir cette croissance, votre jument a surtout besoin de protéines de haute qualité et d’un bon équilibre en vitamines et minéraux. Beaucoup pensent qu’elle a principalement besoin de beaucoup plus d’énergie, alors que les besoins énergétiques n’augmentent que légèrement comparés à l’augmentation des nutriments clés (Cronje & Lategan, 2007).
Le dernier trimestre est la période où les besoins nutritionnels augmentent fortement :
- jusqu’à 75 % de la croissance fœtale a lieu durant cette période
- les besoins énergétiques augmentent significativement (jusqu’à +25–30 %)
- les besoins en protéines, calcium, phosphore et micronutriments atteignent leur maximum
À mesure que le poulain grandit, la capacité gastrique de la jument diminue. Elle ne peut physiquement plus consommer de grands volumes de fourrage en fin de gestation.
Il est donc essentiel de :
- distribuer des repas plus petits
- avec une densité énergétique et nutritionnelle plus élevée par unité de volume
Grow & Glow répond parfaitement à ce besoin :
- faible volume d’apport
- forte densité calorique
- soutien de l’état corporel sans surcharge du système digestif

Adapter l’alimentation comme suit (pour une jument de 500 kg) :
- Protéines supplémentaires : ajouter 1–2 kg de luzerne à la ration
- Vitamines et minéraux : ajouter 300 g de balancer par jour, comme Este Balancer, développé par le Dr Sara Torfs
- Source d’énergie (sans sucres supplémentaires) : ajouter Curafyt Grow & Glow — 50 ml, deux fois par jour (total 100 ml/jour)
- Ajouter Guts & Glory : lorsque le poulain traverse le canal de naissance, il est exposé aux bactéries bénéfiques de la jument, ce qui contribue à l’ensemencement de son microbiome. Cette colonisation précoce est essentielle au développement du système immunitaire du poulain, à la digestion et à la résistance aux maladies dès les premiers instants de vie.
Nourrir la jument après le poulinage : gérer le pic de besoins
Après le poulinage, votre jument doit à la fois récupérer de la mise bas et produire du lait. Il s’agit de la phase la plus exigeante sur le plan nutritionnel de tout le cycle.
Si son alimentation ne suit pas :
- la production laitière diminue,
- une perte de poids apparaît,
- et le retour en chaleur pour une nouvelle reproduction peut être plus lent ou moins efficace.
Les juments en lactation ont généralement besoin de 2–3 % de leur poids corporel par jour en alimentation totale.

Pour une jument de 500 kg, cela représente environ 11 500 à 14 500 kcal supplémentaires par jour. Cela correspond à peu près à 35–45 minutes de galop soutenu quotidien. Même les juments qui commencent cette période en bon état corporel peuvent perdre un peu de poids, ce qui est souvent normal. En revanche, une jument qui débute la lactation avec un BCS inférieur à 5 aura beaucoup plus de difficultés à retrouver un bon état, ce qui peut retarder la remise à la reproduction et réduire les taux de conception (Cronje & Lategan, 2007).
Adapter l’alimentation comme suit (pour une jument de 500 kg) :
- Protéines supplémentaires : ajouter 2–4 kg de luzerne par jour
- Vitamines et minéraux : poursuivre avec un balancer, comme Este Balancer
- Source d’énergie : augmenter Grow & Glow à 200 ml par jour pour soutenir la forte demande énergétique et augmenter la teneur en matières grasses du lait
Aux alentours du quatrième mois de lactation, la production laitière et les besoins énergétiques diminuent progressivement, ce qui permet de réduire graduellement les apports.

Conclusion
Nourrir une jument reproductrice n’a pas besoin d’être compliqué, mais cela doit être planifié par étape. Les meilleurs résultats viennent de quelques habitudes pratiques appliquées de manière constante :
Avant la reproduction (8–12 semaines avant)
Commencez par un fourrage de bonne qualité. Si votre foin est pauvre en protéines, ajoutez de la luzerne pour améliorer la qualité protéique. Couvrez quotidiennement les vitamines et minéraux avec Este Balancer (développé par le Dr Sara Torfs). Commencez tôt un complément prénatal comme Fresh & Fertile afin que le soutien nutritionnel soit en place avant la conception.
Début et milieu de gestation (mois 1–8)
Maintenez le plan stable : fourrage + Este Balancer. Ne modifiez que si l’état corporel commence à diminuer. Poursuivez Fresh & Fertile jusqu’au 3ᵉ mois de gestation. Ajoutez Guts & Glory pour renforcer la digestion, l’immunité et l’absorption des nutriments pendant la phase de croissance rapide. Ajoutez Grow & Glow pour augmenter l’apport énergétique.
Fin de gestation (mois 9–11)
Augmentez la luzerne pour les protéines digestibles et le calcium, maintenez Este Balancer de façon constante, et augmentez Grow & Glow si un apport énergétique supplémentaire est nécessaire, en l’introduisant progressivement.
Lactation (3–4 premiers mois après le poulinage)
C’est la période de demande maximale. Augmentez la luzerne si nécessaire, maintenez Este Balancer quotidiennement et augmentez Grow & Glow si la jument perd de l’état corporel ou si la demande en lait est élevée. Lorsque la production laitière diminue (vers le 4ᵉ mois), réduisez progressivement l’apport énergétique.