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Fourbure équine : définition et causes
Fourbure équine : définition et causes
À retenir
- La fourbure est une inflammation des lamelles, le tissu qui relie la paroi du sabot à l’os du pied, et elle peut évoluer vers une défaillance structurelle du sabot si elle n’est pas traitée.
- Les maladies métaboliques, notamment la dysrégulation de l’insuline, le PPID et le syndrome métabolique équin, sont à l’origine de մինչև 89 % des cas de fourbure observés dans les hôpitaux équins, davantage que le pâturage à lui seul.
- La fourbure liée au pâturage touche surtout les chevaux déjà en surpoids ou présentant une dysrégulation de l’insuline, c’est pourquoi le pâturage au printemps et en automne est surtout le plus risqué pour les chevaux à risque, plutôt que pour tous les chevaux à l’herbe.
- Parmi les autres déclencheurs confirmés figurent les changements soudains d’alimentation, l’excès de poids, la surcharge d’un membre sain pendant la récupération d’une boiterie, le sepsis causé par une colique sévère ou une rétention placentaire, ainsi que certains médicaments chez les chevaux ayant déjà une maladie endocrinienne.
La fourbure est l’une des affections les plus douloureuses qu’un cheval ou un poney puisse développer, et elle exige des soins vétérinaires urgents, pas une approche attentiste. C’est aussi un problème frustrant de fréquence : la plupart des vétérinaires équins traitent plusieurs cas par an, et au moment où un cheval bascule son poids vers les talons avec des sabots chauds et battants, de véritables lésions sont déjà en cours à l’intérieur de la boîte cornée. Ici, la prévention l’emporte de loin sur le traitement, donc cet article t’explique ce qui déclenche la fourbure, mécanisme par mécanisme, et pas seulement une liste de choses dont les propriétaires ont entendu dire qu’il fallait se méfier.
Qu’est-ce que la fourbure, au juste ?
Un cheval ou un poney atteint de fourbure a un tissu conjonctif enflammé appelé les lamelles, les couches qui fixent la paroi du sabot à l’os du pied (la troisième phalange) situé à l’intérieur de la boîte cornée. La circulation sanguine dans ce tissu est perturbée, puis l’inflammation suit.
Dans les cas les plus graves, les lamelles se détachent complètement. L’os du pied perd son attache et pivote ou s’enfonce à travers la sole. Ce n’est pas une image pour parler d’une forte boiterie. C’est une défaillance structurelle à l’intérieur du sabot, et l’une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles des propriétaires se retrouvent face à une décision impossible concernant l’avenir de leur cheval.
Quelles sont les causes de la fourbure ?
Chaque cas a un déclencheur, même si on ne peut pas toujours identifier avec certitude celui qui a causé les dégâts. Voici ce qu’il faut surveiller.
1. Les maladies métaboliques sont le principal facteur
La résistance à l’insuline, l’hyperinsulinémie, la maladie de Cushing (PPID) et le syndrome métabolique équin sont à l’origine de l’écrasante majorité des cas de fourbure que les vétérinaires voient en pratique. Une revue de 2011 portant sur des chevaux admis pour fourbure dans un hôpital équin au Royaume-Uni a montré que jusqu’à 89 % présentaient un trouble endocrinien sous-jacent [1]. Ce chiffre surprend beaucoup de propriétaires, qui pensent que la fourbure est simplement un problème de trop d’herbe.
Le mécanisme est désormais établi expérimentalement. Des taux d’insuline durablement élevés suffisent à eux seuls à déclencher une fourbure, sans aucun changement d’alimentation. Dans une étude, des chevaux Standardbred en bonne santé ont développé une fourbure en 48 heures uniquement à cause d’une perfusion prolongée d’insuline, sans fructane ni céréales en cause [2]. La preuve est difficile à rendre plus claire : c’est l’insuline elle-même qui endommage les lamelles, pas seulement le sucre qui l’a fait monter.
Bon à savoir
Si ton cheval ou ton poney a déjà eu un épisode de fourbure, demande à ton vétérinaire de tester une dérégulation de l’insuline et le PPID. Traiter la maladie endocrinienne sous-jacente aide généralement davantage à prévenir une récidive que les seuls changements alimentaires.
2. Le pâturage et le fructane, surtout au printemps et en automne
L’herbe produit du fructane, un sucre de réserve, dès que l’ensoleillement est abondant. Lors d’une journée normale, la plante utilise ce fructane pour pousser. Les problèmes commencent lorsque la croissance est limitée par le froid, la sécheresse ou un sol pauvre, car la plante continue à produire du fructane qu’elle ne peut pas utiliser, et le sucre s’accumule alors dans la feuille [3].
C’est exactement pour cela que le printemps et l’automne sont les saisons les plus à risque. Les journées ensoleillées stimulent la production de fructane, et les nuits froides qui suivent empêchent l’herbe de l’utiliser. Une étude de cohorte britannique sur la fourbure liée au pâturage a montré que la plupart des chevaux et poneys touchés étaient aussi en surpoids ou présentaient une dérégulation de l’insuline [4], ce qui signifie que le sucre de l’herbe provoque rarement une fourbure à lui seul. En général, c’est le pâturage qui agit sur un cheval dont le métabolisme était déjà vulnérable. Accuser uniquement « l’herbe » fait passer à côté de la moitié du problème.
3. Les aliments concentrés et les changements brusques d’alimentation
Les concentrés à base de céréales sont riches en amidon et en sucre, et le gros intestin gère mal une arrivée soudaine de l’un comme de l’autre. Il en va de même pour tout changement brutal de ration : nouveau foin, nouveau sac d’aliment, plus ou moins de sortie au pré. Des transitions étalées sur une ou deux semaines laissent le temps au microbiote intestinal de s’adapter. Les changements rapides, non.
4. Porter trop de poids
Le foie et le tissu adipeux d’un cheval en surpoids ont plus de mal à gérer le métabolisme du sucre et des graisses, ce qui augmente l’insuline circulante, la même hormone directement impliquée dans les lésions lamellaires décrites plus haut. Une étude cas-témoins menée en Grande-Bretagne sur plus de 1 000 chevaux et poneys a montré qu’une prise de poids au cours des trois mois précédents était un facteur de risque indépendant et significatif de fourbure, quel que soit le régime du cheval [5]. Ici, c’est le poids lui-même qui cause des dommages, pas seulement l’alimentation.
5. Surcharger un membre sain
Quand un cheval ne peut pas prendre appui sur une jambe, à cause d’une blessure, d’un abcès ou d’une boiterie ailleurs, il reporte une charge supplémentaire sur le membre opposé pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Cette surcharge prolongée peut déclencher une fourbure du membre porteur, et c’est un vrai risque chez tout cheval au box en convalescence après une boiterie sévère.
6. Des toxines qui passent dans la circulation sanguine
Les coliques sévères et la rétention placentaire partagent un même mécanisme : la paroi intestinale devient anormalement perméable, et des toxines bactériennes passent dans la circulation. Une fois que ces toxines atteignent les petits vaisseaux du sabot, elles déclenchent à peu près la même cascade inflammatoire que la fourbure endocrinienne, simplement par une autre voie. C’est la fourbure associée au sepsis, et c’est l’une des raisons pour lesquelles une rétention placentaire chez une jument est traitée comme une urgence avant même l’apparition de symptômes de fourbure.
7. Certains médicaments, avec des réserves
Les corticostéroïdes à action prolongée ont depuis longtemps la réputation de déclencher une fourbure, réputation fondée surtout sur des rapports de cas individuels plutôt que sur des données contrôlées. Des travaux plus récents nuancent cette histoire. Une étude britannique de 2019 sur des chevaux traités par corticostéroïdes a montré que le risque global de fourbure aiguë après traitement était faible, et que les animaux qui en développaient avaient presque toujours déjà une maladie endocrinienne ou systémique [6]. Les corticostéroïdes ne sont pas sans risque. Mais chez un cheval en bonne santé sans maladie métabolique, il est peu probable qu’une seule injection provoque une fourbure. La vraie prudence s’applique aux chevaux dont on sait déjà qu’ils sont métaboliquement fragiles.
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Si ton cheval ou ton poney a déjà montré des symptômes, chaleur dans le sabot, pouls digité marqué, réticence à se déplacer, n’attends pas pour voir si cela se calme. La fourbure exige d’appeler ton vétérinaire aujourd’hui, pas de simplement surveiller et attendre.
Références
[1] Karikoski NP, Horn I, McGowan TW, McGowan CM. The prevalence of endocrinopathic laminitis among horses presented for laminitis at a first-opinion/referral equine hospital. Domest Anim Endocrinol. 2011;41(3):111-117.
[2] de Laat MA, McGowan CM, Sillence MN, Pollitt CC. Equine laminitis: induced by 48 h hyperinsulinaemia in Standardbred horses. Equine Vet J. 2010;42(2):129-135.
[3] Longland AC, Byrd BM. Pasture nonstructural carbohydrates and equine laminitis. J Nutr. 2006;136(7 Suppl):2099S-2102S.
[4] Menzies-Gow NJ, Harris PA, Elliott J. Prospective cohort study evaluating risk factors for the development of pasture-associated laminitis in the United Kingdom. Equine Vet J. 2017;49(3):300-306.
[5] Wylie CE, Collins SN, Verheyen KLP, Newton JR. Risk factors for equine laminitis: a case-control study conducted in veterinary-registered horses and ponies in Great Britain between 2009 and 2011. Vet J. 2013;198(1):57-69.
[6] Potter K, Stevens K, Menzies-Gow N. Prevalence of and risk factors for acute laminitis in horses treated with corticosteroids. Vet Rec. 2019;185(3):82.
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