Faecal Water Syndrome in Horses: Causes, Symptoms and Solutions

Syndrome de l’eau fécale chez le cheval : causes, symptômes et solutions

À retenir

  • Faecal water syndrome is not diarrhoea. The manure itself is normal, and the water separates out and travels alongside it.
  • The haylage theory does not hold up. Matched case-control data found identical wrapped forage intake, but affected horses were fed twice as much concentrate.
  • The newest microbiome study found a real bacterial signature in affected horses after three earlier studies found none, though cause and effect remain unresolved.
  • The most evidence-backed plan is to cut concentrate, raise long fibre, and support hindgut fermentation while you wait.
Dans cet article

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    Tu vois sûrement l’image. Un cheval émet une boule de crottin parfaitement formée, puis un jet de liquide brun coule le long de l’arrière des deux postérieurs. La queue est tachée. La peau au-dessus des jarrets devient irritée et douloureuse. Tu nettoies, et le lendemain matin c’est revenu. Le syndrome d’eau fécale chez le cheval rend rarement un cheval gravement malade sur le moment, mais il finit par exaspérer les propriétaires, parce que c’est impressionnant à voir et que rien ne semble vraiment y faire.

    La recherche sur ce trouble a beaucoup progressé au cours des cinq dernières années. Certaines choses qu’on disait encore aux propriétaires il y a dix ans ont depuis été remises en question.

    Ce qu’est le syndrome d’eau fécale chez le cheval (et ce qu’il n’est pas)

    Le terme technique est liquide fécal libre, et la définition est mécanique plutôt que diagnostique : les fèces sont évacuées en deux phases distinctes, l’une solide et l’autre liquide (Lindroth et al., 2020). Le liquide peut sortir avant, pendant ou après la partie solide.

    Ce n’est pas une diarrhée. Le crottin lui-même est généralement bien formé. L’eau s’écoule simplement séparément, et cette distinction change complètement la façon d’aborder le problème. En cas de véritable diarrhée, le côlon n’absorbe plus l’eau du tout. Ici, le côlon absorbe l’eau de façon relativement correcte, mais les fibres et le liquide se séparent quelque part en cours de route au lieu d’être éliminés comme une seule masse.

    Une enquête menée sur 339 chevaux atteints en Suède et en Norvège a montré qu’aucun profil n’était épargné. Toutes les races, tous les âges, toutes les couleurs, toutes les disciplines et tous les modes d’hébergement étaient représentés (Lindroth et al., 2020). Un chiffre de cette enquête mérite qu’on s’y attarde : 23 % des chevaux atteints avaient des antécédents de coliques, ce qui est élevé par rapport aux données publiées sur les populations équines générales. Quoi qu’il se passe, ce n’est pas seulement un problème esthétique.

    L’histoire de la dysbiose s’est compliquée

    Pendant des années, l’explication standard était la dysbiose intestinale. Les bactéries du gros intestin sont déséquilibrées, la fermentation se dérègle, l’eau se sépare. C’est une théorie simple et séduisante. Elle n’a pourtant pas résisté à ses trois premiers tests.

    Lindroth et ses collègues (2021) ont comparé les bactéries fécales de 50 paires de chevaux atteints et témoins vivant dans les mêmes élevages, et ont constaté que la composition globale était très similaire. Laustsen et al. (2021) ont rapporté le même résultat nul chez des chevaux danois et néerlandais. Un groupe canadien a répété ce travail en 2024 avec 14 chevaux atteints et 11 compagnons d’écurie en bonne santé, et n’a là encore trouvé aucune différence significative (Wester et al., 2024). Trois études, trois fois rien.

    Puis le tableau a changé. Porter et ses collègues (2025), en travaillant sur des chevaux du Midwest des États-Unis, ont bien détecté une différence significative de diversité bêta entre les chevaux atteints et les témoins, ainsi que plusieurs groupes bactériens enrichis dans chaque groupe. L’un d’eux était Alloprevotella, le même genre que l’étude suédoise avait déjà relevé en 2021 tout en concluant à l’absence de différence globale.

    Alors, où en est-on ? Ni à « la dysbiose cause le syndrome d’eau fécale », ni à « le microbiome n’a aucun rôle ». La position actuelle est plus précise, et plus utile. Il existe une signature microbienne discrète et reproductible chez les chevaux atteints, et personne ne sait encore s’il s’agit d’une cause ou d’une conséquence. Un résultat fait légèrement pencher la balance. Quand l’équipe de Laustsen a administré à des chevaux atteints une transplantation de microbiote fécal provenant d’un donneur sain, la sévérité des symptômes a diminué, même si ces chevaux ne présentaient au départ aucune dysbiose mesurable. Les réponses variaient et, chez certains, l’amélioration n’était que temporaire. Modifier la communauté microbienne a malgré tout modifié les signes.

    Ce n’est probablement pas l’enrubanné

    Demande autour de toi dans n’importe quelle écurie, et quelqu’un te dira d’arrêter l’enrubanné. C’est le conseil le plus souvent donné pour ce problème, et l’étude la mieux conçue sur la question ne le confirme pas.

    Lindroth et al. (2021) ont comparé l’alimentation et la gestion de 50 exploitations privées en Suède et en Norvège, en associant chaque cheval atteint à un témoin dans la même structure. La consommation de fourrage enrubanné était quasiment identique entre les groupes (p = 0.97). Ce qui différait, c’était le reste de la ration. Les chevaux atteints recevaient environ deux fois plus de concentrés par 100 kg de poids vif et par jour. Ils consommaient plus d’amidon et plus de glucides hydrosolubles, et moins de protéines brutes digestibles ainsi que moins de fibres NDF. Ils recevaient aussi moins de paille et moins de luzerne.

    Ça change complètement la façon d’aborder la gestion du problème. Le facteur associé à ce trouble n’était pas le type de fourrage. C’était la quantité d’aliment concentré qui prenait la place des fibres.

    Pour être juste avec la théorie de l’enrubanné, les données rapportées par les propriétaires pointent tout de même vers le fourrage. Dans l’enquête de 2020, 58 % des propriétaires ont dit que les signes s’atténuaient après le passage d’un fourrage enrubanné au foin. Cela dit, les observations des propriétaires ne sont pas réalisées en aveugle, et changer de lot modifie bien plus que le simple type d’emballage. La qualité du foin elle-même a d’ailleurs été documentée comme facteur dans certains cas cliniques individuels (Cavallini et al., 2022).

    Ce que le crottin lui-même révèle

    L’indice mécanique le plus concret vient de l’analyse directe des fèces. Lindroth et ses collègues (2022) ont mesuré la chimie et les propriétés physiques chez des chevaux atteints et témoins dans deux pays. La plupart des variables étaient identiques : matière sèche, pH, minéraux, acides gras volatils totaux. Deux ne l’étaient pas. Les chevaux atteints avaient une proportion plus faible d’acide lactique, et leurs fèces avaient une capacité de rétention d’eau plus faible.

    Ce deuxième point mérite qu’on le garde en tête. La matrice fibreuse évacuée par un cheval atteint retient moins bien l’eau. Quelle que soit la cause en amont à laquelle on finit par aboutir, voilà le point d’arrivée. Une fibre incapable de retenir son propre liquide, donc un liquide qui s’évacue seul.

    Ça explique aussi pourquoi la qualité et la quantité de fibres reviennent sans cesse comme levier pratique.

    Comment gérer le syndrome d’eau fécale chez le cheval

    En pratique, les résultats viennent de changements peu spectaculaires, appliqués assez longtemps pour pouvoir vraiment les évaluer.

    Commence par la ration. Réduire les concentrés et reconstruire l’alimentation autour des fibres longues est la mesure la plus utile à ta disposition, et ajouter de la paille ou de la luzerne cible exactement le déficit mis en évidence par les données cas-témoins. Tu trouveras plus d’infos pour bien ajuster cet équilibre dans notre article sur ce que disent les dernières recherches sur l’alimentation. Change les lots de fourrage un par un, et laisse trois à quatre semaines à chaque changement. Les variations d’une semaine à l’autre sont importantes avec ce trouble, et deux semaines ne t’apprennent rien.

    Bon à savoir

    Retirer les concentrés règle un problème, mais en crée un autre. Les concentrés apportent la majeure partie des vitamines et oligo-éléments du cheval, donc une ration composée uniquement de fourrage laisse souvent des manques en cuivre, zinc, sélénium et vitamine E. Un balancer pauvre en sucres comble ces manques sans réintroduire l’amidon.

    Écarte d’abord les autres causes de crottins mous. Les problèmes dentaires, l’accumulation de sable, les parasites et tout antécédent de coliques méritent d’être examinés. Si tu ne sais pas exactement à quoi doit ressembler un crottin normal, notre guide pour comprendre le crottin du cheval t’explique tout.

    Ensuite, soutiens l’environnement du gros intestin. Les levures vivantes disposent ici des données équines récentes les plus solides. Carter et al. (2025) ont supplémenté 30 hongres recevant une ration riche en amidon avec Saccharomyces cerevisiae pendant 32 jours et ont mesuré un pH fécal plus élevé, un microbiome plus diversifié, ainsi qu’une augmentation des bactéries qui digèrent les fibres, dont Ruminococcus et Fibrobacter. Une étude in vitro utilisant un inoculum fécal équin allait dans le même sens : la levure a limité la baisse de pH lors d’un défi sucré et réduit la production de D-lactate (Sheridan et al., 2026). Un pH plus stable dans le gros intestin et une meilleure fermentation des fibres sont exactement ce dont un cheval avec une mauvaise rétention d’eau fécale a besoin.

    La muqueuse intestinale elle-même mérite aussi de l’attention. La glutamine est le principal carburant des cellules qui tapissent l’intestin, et les travaux menés chez le cheval montrent que son propre intestin augmente l’absorption de glutamine lorsqu’il subit un stress nutritionnel (Aldridge-Dean et al., 2025). En apporter dans la ration aide à soutenir la barrière contre laquelle vivent ces bactéries.

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    Personne n’a encore résolu le syndrome d’eau fécale. Certains chevaux répondent à un changement de ration en un mois, d’autres restent tachés pendant des années malgré tout ce qu’on essaie. Les données actuelles te donnent quand même deux pistes qui valent la peine d’être mises en place : réduire les concentrés et augmenter les fibres longues, puis soutenir la fermentation du gros intestin pendant que tu attends. C’est plus utile que de remplacer l’enrubanné au hasard en espérant que ça passe.

    Références

    Aldridge-Dean, S. et al. (2025). Impact of a 24 h feed withdrawal on active nutrient transport, intestinal morphology, and gene expression in the equine small and large intestine. Translational Animal Science. doi:10.1093/tas/txad003

    Carter, J. et al. (2025). Influence of Saccharomyces cerevisiae CNCM I-1077 on the fecal pH, markers of gut permeability, fecal microbiota, and markers of systemic inflammation in sedentary horses fed a high-starch diet. Journal of Animal Science. doi:10.1093/jas/skaf005

    Cavallini, D. et al. (2022). When Changing the Hay Makes a Difference: A Series of Case Reports. Journal of Equine Veterinary Science. doi:10.1016/j.jevs.2022.103940

    Laustsen, L. et al. (2021). Free Faecal Water: Analysis of Horse Faecal Microbiota and the Impact of Faecal Microbial Transplantation on Symptom Severity. Animals, 11(10), 2776. doi:10.3390/ani11102776

    Lindroth, K. et al. (2020). Differential Defecation of Solid and Liquid Phases in Horses: A Descriptive Survey. Animals, 10(1), 76. doi:10.3390/ani10010076

    Lindroth, K. et al. (2021). Faecal bacterial composition in horses with and without free faecal liquid: a case control study. Scientific Reports. doi:10.1038/s41598-021-83897-4

    Lindroth, K. et al. (2021). Feeding and Management of Horses with and without Free Faecal Liquid: A Case-Control Study. Animals, 11(9), 2552. doi:10.3390/ani11092552

    Lindroth, K. et al. (2022). Chemical composition and physical characteristics of faeces in horses with and without free faecal liquid: two case-control studies. BMC Veterinary Research. doi:10.1186/s12917-021-03096-1

    Porter, R. et al. (2025). Alterations in the Microbiome of Horses Affected with Fecal Water Syndrome. Veterinary Sciences, 12(8), 724. doi:10.3390/vetsci12080724

    Sheridan, R. et al. (2026). An in vitro investigation into the effects of postbiotic supplementation on stabilising equine hindgut pH. Journal of Equine Veterinary Science. doi:10.1016/j.jevs.2025.105746

    Wester, A. et al. (2024). Dysbiosis not observed in Canadian horses with free fecal liquid (FFL) using 16S rRNA sequencing. Scientific Reports. doi:10.1038/s41598-024-63868-1

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