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Comment aider un cheval trop maigre à reprendre de l’état
Comment aider un cheval trop maigre à reprendre de l’état
À retenir
- Comment confirmer qu’un cheval est réellement trop maigre à l’aide du Body Condition Score, y compris ce que l’évaluation tactile apporte en plus de l’inspection visuelle
- Les cinq causes les plus fréquentes de perte de poids chez les chevaux — et pourquoi il est important d’identifier la cause avant de modifier l’alimentation
- Pourquoi les céréales sont un premier choix risqué pour ajouter des calories, et comment une huile végétale riche en oméga-3 apporte de l’énergie de façon plus sûre
- À quoi ressemble une récupération réaliste : délais, repères, et comment suivre les progrès sans remettre en question une approche qui fonctionne
L’alimentation est le dernier levier à actionner, pas le premier. La plupart des propriétaires font l’inverse. Un cheval perd de l’état et, en moins d’une semaine, le seau est plus rempli, l’étagère des compléments se remplit davantage, et personne ne s’est arrêté pour demander pourquoi le poids baisse au départ.
Série poids & muscles
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Parfois, augmenter la ration est exactement ce qu’il faut. Le cheval ne mangeait tout simplement pas assez et la solution est simple. Mais en pratique, ce ne sont pas les cas que je vois le plus souvent. Une maladie dentaire qui rend la mastication douloureuse, un intestin qui n’absorbe pas ce qu’on lui donne, une charge parasitaire qui concurrence discrètement chaque nutriment : voilà pourquoi un cheval reste maigre alors que son propriétaire enchaîne les changements d’alimentation. Identifier d’abord la cause, c’est ce qui change vraiment le résultat.
Étape 1 : confirmer que le cheval est vraiment trop maigre
L’œil seul n’est pas fiable. Un cheval avec un épais poil d’hiver peut masquer une perte musculaire importante et, à l’inverse, un cheval au poil fin peut paraître mince tout en conservant un état corporel correct. Utilise le score d’état corporel (BCS), qui va de 1 (cachectique) à 9 (obèse). Un score de 4 à 6 est généralement sain ; à 3 ou moins, il faut agir.
L’évaluation demande à la fois d’observer et de palper. Passe tes mains le long des côtes, de la colonne vertébrale, de la croupe, de la base de l’encolure et derrière l’épaule. Tu évalues en même temps la couverture graisseuse et la masse musculaire : ce sont deux choses différentes, et elles peuvent se détériorer indépendamment. Un cheval avec un BCS de 4 mais avec une perte musculaire importante sur la ligne du dessus n’est pas dans la même situation qu’un cheval avec le même score mais une bonne masse musculaire. Cette distinction compte bien plus que la plupart des propriétaires ne le pensent.
Étape 2 : trouver la cause
La perte de poids a rarement une seule cause. Les cinq raisons ci-dessous se chevauchent souvent, et en traiter une tout en passant à côté d’une autre explique précisément pourquoi certains chevaux mettent des mois à se rétablir.
Baisse d’appétit (anorexie)
Le cheval ne mange pas assez parce que quelque chose le rend réticent à manger. La douleur, le stress, un changement d’environnement, des congénères dominants ou une maladie peuvent tous réduire l’ingestion sans signe évident. Observe de près le moment du repas.
Besoins énergétiques supérieurs aux apports
Le travail intense, le froid, la fin de gestation et la lactation augmentent fortement les besoins énergétiques. Une ration qui maintenait un cheval l’été dernier peut réellement ne plus suffire aujourd’hui. Le besoin a augmenté ; l’alimentation non.
Mauvaise qualité de l’alimentation
Un foin qui semble correct peut être pauvre sur le plan nutritionnel. La teneur en protéines, en énergie digestible et en minéraux varie énormément selon les coupes, les parcelles et les années. Tu ne peux pas évaluer sa valeur nutritionnelle sur son apparence seule.
Malabsorption
Chez certains chevaux, surtout les plus âgés et ceux atteints de maladie inflammatoire de l’intestin, l’intestin n’absorbe tout simplement pas efficacement les nutriments. Ces animaux mangent assez mais perdent quand même du poids. Ils réagissent souvent mal à une simple augmentation de la ration.
Parasites
Une forte charge parasitaire chez les jeunes chevaux est une cause classique de mauvais état corporel que les propriétaires sous-estiment souvent. Une coproscopie ciblée (plutôt qu’un calendrier de vermifugation systématique) te donne de vraies informations sur ce qui se passe chez ton cheval.
Étape 3 : traiter, dans le bon ordre
Le réflexe est d’augmenter immédiatement la ration. Résiste à cette envie. L’alimentation est le dernier levier à actionner, pas le premier, sinon tu risques de traiter un symptôme pendant que le problème de fond continue.
Appelle d’abord ton vétérinaire
Avant d’ajuster la ration, écarte une maladie, des parasites internes et une affection dentaire. Cette dernière est sous-diagnostiquée. Des pointes d’émail tranchantes, des dents mobiles et une maladie parodontale rendent la mastication douloureuse et réduisent fortement l’efficacité de dégradation du fourrage. En pratique clinique, corriger les problèmes dentaires chez un cheval âgé souffrant d’une perte de poids chronique apporte souvent une amélioration plus rapide que n’importe quel changement alimentaire.
Bon à savoir
Les chevaux de 15 ans et plus devraient avoir un examen dentaire au moins une fois par an. Les problèmes de molaires en particulier se développent lentement et sont faciles à manquer jusqu’à ce que la perte de poids soit déjà bien avancée.
Évalue le fourrage
Le fourrage, foin et herbe, est la base. Un cheval au travail léger a besoin d’environ 1.5 to 2% of its bodyweight en matière sèche par jour, principalement sous forme de fourrage. Avant d’ajouter des compléments ou des concentrés, vérifie que le besoin de base en fourrage est couvert en quantité comme en qualité.
Si tu as des raisons de douter de la qualité de ton foin, alors fais-le analyser ! Certaines universités avec des programmes de nutrition vétérinaire proposent des analyses de foin, et plusieurs fabricants d’aliments analysent aussi des échantillons de fourrage. Le coût est modeste comparé à plusieurs mois passés à donner un foin qui n’apporte pas ce que tu penses.
Adapte l’alimentation au problème précis
Pour les chevaux ayant des problèmes dentaires : privilégie des fibres d’herbe hachées courtes, qui demandent moins d’effort de mastication, et envisage une bouillie humide comme composant de la ration. Ces chevaux peuvent consommer suffisamment de calories sans la contrainte mécanique du foin à longues fibres.
Pour les chevaux qui ont réellement des besoins énergétiques plus élevés, à cause du travail, du froid ou de la récupération, le réflexe est souvent d’ajouter des céréales. Prudence. Les céréales sont riches en amidon et en sucres ; chez un cheval dont l’intestin est fragilisé par des parasites ou par une malabsorption, ou chez tout cheval sujet aux troubles métaboliques, de gros repas de céréales augmentent le risque de coliques et de fourbure. La voie la plus sûre vers une énergie durable, c’est la graisse.
L’huile végétale comme source de calories
Les graisses apportent environ 2.25 times the digestible energy of carbohydrates par gramme. Plus important encore, elles fournissent cette énergie sans le pic glycémique associé à l’amidon. Cela présente plusieurs avantages pratiques qui vont au-delà d’une simple prise de poids.
En pratique clinique, les chevaux passés d’une ration riche en céréales à une ration supplémentée en huile montrent souvent un changement de tempérament notable : plus faciles à travailler, moins réactifs. L’effet d’épargne du glucose du métabolisme des graisses joue un rôle ici : les muscles utilisent de préférence les graisses pendant un effort prolongé, ce qui laisse le glucose sanguin disponible pour le cerveau. Les chevaux nerveux avec des rations riches en céréales s’apaisent souvent.
Il existe aussi des bénéfices physiques mesurables. Les chevaux recevant une supplémentation en graisses adaptée présentent généralement une meilleure qualité de robe et, pour ceux qui travaillent, une meilleure thermorégulation : moins de chaleur produite pendant l’exercice signifie moins de transpiration et une récupération plus rapide. L’efficacité aérobie s’améliore à mesure que l’organisme s’adapte à la graisse comme carburant principal, ce qui se voit dans le temps de récupération du cheval après l’effort.
Toutes les huiles végétales ne se valent pas. Le ratio entre les acides gras oméga-3 et oméga-6 compte. La plupart des huiles végétales classiques (tournesol, maïs) sont très riches en oméga-6 et pauvres en oméga-3, ce qui peut, avec le temps, favoriser plutôt qu’atténuer l’inflammation. Choisis une huile riche en oméga-3, et plus précisément en DHA, pour le meilleur résultat.
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Un supplément huileux d’origine végétale riche en acides gras oméga-3 DHA : aide à soutenir une prise de poids saine, la qualité de la robe et la santé intestinale chez le cheval.
Une remarque sur la patience
Les chevaux ne retrouvent pas rapidement leur état corporel. Même lorsque la cause sous-jacente a été corrigée et que l’alimentation est adaptée, il faut généralement 60 to 90 days pour que l’amélioration soit clairement visible sur l’échelle du BCS. Les propriétaires qui ne voient pas d’amélioration rapide pensent parfois que l’approche n’est pas la bonne et commencent à faire d’autres changements, ce qui rend impossible de savoir ce qui fonctionne.
Choisis la bonne approche, sois régulier, et laisse du temps au temps. Vérifie le BCS toutes les 2 to 3 weeks et suis son évolution. Les progrès sont généralement là ; ils sont simplement plus lents que ce qu’on aimerait.
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